Au cours des dernières années, l’intégration des étudiants en situation de handicap (ÉSH) dans les collèges a engendré des défis particuliers au sein du réseau collégial, compte tenu d’un accroissement important de la présence de ces étudiants dans les collèges et de la diversité des besoins auxquels il faut répondre pour favoriser leur cheminement scolaire. Pour répondre à ces défis, déjà on voit poindre de nouvelles approches plus inclusives qu’intégratrices pour répondre aux très nombreux besoins des étudiants et du personnel du réseau collégial.

D’abord, en 1978, la Loi assurant l’exercice des droits des personnes handicapées était adoptée par l’Assemblée nationale du Québec et créait l’Office des personnes handicapées du Québec mandaté pour promouvoir les intérêts des personnes handicapées, mais aussi pour favoriser très concrètement leur intégration scolaire, professionnelle et sociale.

En 1981, l’Année internationale des personnes handicapées était déclarée par l’Organisation des Nations Unies. À cette occasion, le Québec amorçait une vaste consultation qui réunissait, autour des personnes handicapées, des intervenants de tous les milieux. On préparait de cette façon la politique d’ensemble qui allait être adoptée en 1985 lors de la Conférence socio-économique sur l’intégration sociale des personnes handicapées: À part-égale! C’est ainsi qu’un mouvement irréversible de reconnaissance des droits des personnes handicapées — au même titre que ceux des autres citoyens — était enclenché.

C’est dans ce contexte très large que l’ordre d’enseignement collégial s’est engagé dans la discussion de ses propres orientations en la matière et dans la mise en place d’un ensemble de mesures concrètes d’accueil et d’intégration. S’il y a toujours eu des personnes handicapées qui poursuivaient des études postsecondaires et des établissements qui savaient les accueillir, ce n’est qu’au cours des années 1980 qu’une réflexion et qu’un travail plus systématique se sont amorcés.

À cet égard, deux établissements ont joué le rôle d’incubateurs. Il s’agit des cégeps de Sainte-Foy et du Vieux Montréal qui furent, en 1982, spécifiquement mandatés par la Direction générale de l’enseignement collégial (DGEC) pour accueillir les élèves handicapés, pour implanter un ensemble de mesures leur permettant de compenser leurs limitations fonctionnelles et pour développer une expertise en la matière.

Avec les années et avec les objectifs d’intégration des personnes handicapées dans leur milieu naturel, ces cégeps sont devenus de véritables centres d’excellence à partir desquels les services ont été décentralisés dans quarante-six cégeps. Ils ont soutenu le service d’accueil et d’intégration de chacun des établissements en prodiguant conseils et soutien sous différentes formes. Ils géraient aussi les budgets octroyés aux collèges pour les étudiants handicapés. De plus, ces deux cégeps devaient se maintenir à la fine pointe de ce qui se développait en termes de soutien des apprentissages des étudiants handicapés.

Au cours des années 1985 et 1986, l’évaluation systématique de ces expérimentations par les usagers, puis par des spécialistes et des représentants des principaux organismes de promotion des droits des personnes handicapées, a permis à la DGEC de préciser ses orientations, de déterminer les services essentiels à assurer par les établissements et de fixer certains barèmes de financement de ces services.

À partir des années 90, chaque établissement d’enseignement devait se préoccuper de l’intégration des personnes handicapées et du soutien de leurs apprentissages, et ce, tout au long de leurs études. On retrouvera les résultats de ces premiers travaux dans le document Intitulé L’Intégration à l’enseignement collégial des élèves handicapés : problématique et mesures, déposé par la DGEC au ministre de l’Enseignement supérieur et de la Science, en février 1987.

À mesure que la gamme des services spéciaux offerts par les cégeps a pu être élargie, on a assisté à un accroissement important du nombre d’élèves bénéficiant de ces services, à une diversification de leurs besoins et aussi à une décentralisation importante des services.

Puis, dans les années 2006-2007, on a vu poindre les populations appelées émergentes, c’est-à-dire celles présentant des troubles d’apprentissage, des troubles de santé mentale et des troubles de déficit de l’attention avec ou sans hyper activité. Le nombre reconnu de ces étudiants avec diagnostic avait à ce point augmenté que le Ministère a dû proposer une nouvelle approche auprès des collèges, entre autres, pour les soutenir financièrement. Il a créé, en juin 2012, les Centres collégiaux de soutien à l’intégration (jadis les centres désignés) dont il a également redéfini les mandats et les responsabilités.

Inspiré du document Accueil et intégration des personnes handicapées au collégial, avril 1992